L'hémiole

publié le 28 avr. 2010 à 00:04 par Utilisateur inconnu   [ mis à jour le·4 avr. 2013 à 08:21 par Espace Musical de l'AP-HP ]

Au risque de rappeler aux habitués matinaux de France-Musique le fameux « mot du jour » du très médiatique Pierre Charvet, la chronique du jour aura pour sujet une figure rythmique que nous avons rencontrée à plusieurs reprises au chœur et dernièrement lors de la répétition du Schiksalslied de Brahms : l’hémiole.

Ce terme, hemiolos, signifie en grec : un et demi, et correspond en musique au rapport 3:2, ce qui se traduit dans notre « chant du destin » de Brahms par l’accentuation de la mesure tous les deux temps dans une mesure à trois temps pour faire entendre une autre mesure à trois temps dans un tempo deux fois plus lent, et ceci sans avoir changé de mesure initiale écrite ni de tempo de base.

L’excellent  dictionnaire encyclopédique de la musique d’Oxford (edition Robert Laffont) décrit l’hémiole de cette façon : « dans la notation musicale moderne, on parle d’hémiole lorsque deux mesures à trois temps (3/4) sont jouées comme si elles étaient notées sous la forme de trois mesures à deux temps (6/8) ou inversement ».

La musique baroque regorge de ce genre de procédé ; les compositeurs italiens et en particulier Vivaldi, mais aussi Haendel et Bach, pour ne citer que les plus célèbres, utilisent l’hémiole à discrétion et les recherches en matière d’interprétation de la musique baroque ont abouti à une mise en valeur de ses formules rythmiques décalées par la plupart des interprètes actuels sensibles à ses « découvertes ».